Les causes de la mort chez les tués sur le coup

Dans le cadre du PREDIT 2, nous avions mis en évidence l’intérêt d’un diagnostic écho-radiographique post-mortem pour les accidents mortels immédiats afin de déterminer les causes de mort. En effet, il faut préciser que le bilan lésionnel « standard » est souvent très imprécis se résumant à “multiples traumatismes fermés ayant provoqué la mort”. Cette étude avait été réalisée avec la seule collaboration de l’Institut médico-légal de Lyon.

Dans le cadre du PREDIT3, nous avons développé ce travail en nous appuyant essentiellement sur le service médico-légal de l’hôpital de Villefranche-sur-Saône. Cette mono localisation est le résultat de difficultés administratives dans le ressort de Lyon.

Les médecins légistes de l’unité hospitalière de médecine légale de Villefranche-sur-Saône ont donc été associés à cette étude : ils ont réalisé des autopsies sur certaines victimes et apporté leur expertise médicolégale. Nous avons ainsi pu obtenir, sur 43 victimes décédées immédiatement sur les lieux d’accident sans lésion apparente évidente, une autopsie complète associée à un bilan radiographique et un examen anatomo-pathologique.

L’analyse a montré que les traumatismes fermés du thorax sont responsables d’une mortalité précoce d’emblée (rupture d’aorte ou des gros vaisseaux médiastinaux, plaies ou contusion cardiaque, etc.). Les clichés radiographiques associés ont pu révéler des atteintes complexes de bassin aggravant l’instabilité hémodynamique par des lésions vasculaires rétro-péritonéales. Lorsque aucune lésion traumatique vitale n’a été découverte à l’autopsie, l’examen anatomo-pathologique du bloc cœur-poumons a mis en évidence des maladies cardio-vasculaires (cardiomyopathie, hypertrophie ventriculaire) cause de l’accident par malaise cardiaque.

Cette étude montre tout l’intérêt de l’autopsie dans la connaissance des lésions internes rapidement mortelles et a pu déceler d’autres pathologies préexistantes, causes du décès et auxquelles la survenue de l’accident est imputable.

De plus, il apparaît que les mécanismes de lésions conduisant à ces atteintes vitales sont essentiellement de trois types majeurs : lésion par décélération (lésions cérébrales diffuses, par exemple), lésion par intrusion ou choc direct (atteinte complexe du bassin, par exemple) et lésion par carbonisation (incendie du véhicule consécutif à un choc, par exemple).