Exploitation du Registre pour une meilleure connaissance des blessures des accidentés de la route (Reg-Trauma)

La Direction de la sécurité routière (DSR) souhaite s’appuyer sur les données du Registre pour décrire et dénombrer les blessés par accident de la route. L’objectif du projet Reg-Trauma est de pouvoir disposer de statistiques descriptives sur les blessés graves ou non qui seront introduites dans le Bilan annuel qu’elle produit, et d’une estimation nationale du nombre de victimes MAIS3+. Ce projet présente l’avantage de mettre en place une collaboration sur la durée puisqu’il se présente sous forme d’une subvention annuelle, reconduite sur quatre années consécutives 2016-2019.

Concernant les statistiques descriptives fournies à partir du Registre, nous avons réalisé une description de l’ensemble des blessés de la route dans le Rhône : effectifs, incidences, répartition par âge, sexe, type d’usager et gravité, ainsi qu’une description des blessés qui conserveront des séquelles plus ou moins graves de leur accident. Ainsi, sur la période 1996-2013, le Registre du Rhône a enregistré 162 690 victimes, soit en moyenne 10 700/an sur 1996-2001, 8600 sur 2002-2007 et 7800 sur 2008-2013. Toutes gravités confondues, l’incidence de l’accident de la route est de 435/100 000 habitants, 565/100 000 chez les hommes, et 315/100 000 chez les femmes. Les séquelles mineures à modérées concernent un peu plus d’un tiers des victimes et les séquelles graves 0,8%, soit autant que les tués.

Concernant l’estimation nationale du nombre de victimes MAIS3+, il s’agit de fournir à la commission européenne une estimation du nombre de blessés graves chaque année, avec comme définition du blessé grave la victime d’accident de la circulation atteinte d’au moins une lésion de niveau 3 dans l’échelle de gravité de l’Abbreviated Injury Scale.

Or en France comme dans tous les pays développés, si les tués par accident de la circulation sont bien dénombrés à partir des données des forces de l’ordre, les blessés en revanche sont mal recensés : sous-déclaration et évaluation non médicale de leur gravité. Le Registre est le seul recueil de données des victimes d’accidents de la route en France disposant de ce critère médical. Visant l’exhaustivité sur une zone géographique délimitée, le département du Rhône apparaît, aux yeux des pouvoirs publics, comme un outil incontournable pour estimer, au niveau national, le nombre de blessés graves selon ce nouveau critère.

L’existence sur la même zone géographique, du Registre et du recueil des forces de l’ordre, permet, au moyen d’une méthode de capture/recapture, d’estimer, sur le département du Rhône, le nombre total de blessés de la route, incluant ceux qui ne sont enregistrés par aucune des deux sources. Les coefficients de correction à appliquer aux données des forces de l’ordre du Rhône pour estimer l’ensemble des victimes du Rhône sont transposés sur les données des forces de l’ordre disponibles sur la France entière. Ainsi, grâce à l’existence de ces deux sources de données, il a été possible, à partir d’une modélisation sur les données 2006-2012, de produire diverses estimations pour la France métropolitaine, soit par exemple pour 2012 le nombre de blessés graves à l’échelle nationale à 308000 blessés (MAIS1+), dont 24 500 blessés graves (MAIS3+).

Ces estimations permettent également de mieux mesurer les enjeux de santé publique, en faisant par exemple ressortir les effectifs de blessés graves plus élevés parmi les usagers de deux-roues motorisés que parmi les automobilistes (alors que les tués sont trois fois plus nombreux).