Cohorte représentative des victimes du Rhône (Esparr)

Rappel méthodologique : Les accidents de la route ont des conséquences importantes, pour l’individu et pour la société, mais celles-ci sont peu ou mal évaluées. Le devenir des accidents de la route est un problème de société dont les chiffres de mortalité ne suffisent pas à rendre compte ; si l’on évoque souvent les décès causés par les accidents, on parle moins souvent des handicaps qui affectent de nombreuses victimes survivantes, et pratiquement jamais des handicaps “invisibles”. Les séquelles peuvent avoir une importance suffisante pour retentir sur la victime et sa famille constituant ainsi le groupe des blessés graves, alors même que l’on ne sait pas comment le définir. C’est sur cette question que porte particulièrement notre recherche.

La cohorte prospective ESPARR, fondée sur le registre des victimes d’accident de la circulation du Rhône, est l’une des rares au monde à traiter du sujet des conséquences de l’accident de la route à moyen et long terme. Ses objectifs sont d’identifier les facteurs pronostiques du handicap, et des problèmes de réinsertion des victimes d’accidents de la circulation. Du fait de son caractère unique, la cohorte ESPARR et les recherches thématiques qui pourront en découler, constituent un soutien scientifique fondamental pour définir des mesures concrètes et adaptées.

ESPARR ou pourquoi s’intéresser aux conséquences d’un traumatisme causé par un accident de la route ?

ESPARR ou pourquoi s’intéresser aux conséquences d’un traumatisme causé par un accident de la route ?

 L’objectif de la recherche est d’étudier l’évolution sur 5 ans et le devenir des victimes d’un traumatisme crânien modéré ou sévère en terme d’impact personnel (séquelles et handicap physique, retentissement psychique, affectif, professionnel) familial (impact socioéconomique sur la famille et rupture ou renforcement des liens), et sociétal (évaluation de l’impact pour la collectivité).

Un objectif important d’ESPARR est de répondre à la question récurrente sur le blessé grave « Qui est-il ? Comment peut-on le définir ? ». Nos résultats devraient nous permettre de lancer cette réflexion basée sur la synthèse des divers indicateurs que nous avons mis en place.

L’inclusion des sujets dans la cohorte s’est déroulée sur une période d’un an entre octobre 2004 et décembre 2005 dans les hôpitaux publics et privés du département du Rhône, lors des premiers soins après l’accident. La cohorte a fait l’objet d’un suivi à court terme (6 mois après l’accident puis 1 an), à moyen terme (2 et 3 ans), et à long terme (5 ans), avec à chaque étape une investigation par auto-questionnaire adressé à tous les sujets.

Cette information de base a été complétée pour des sous-groupes particuliers par des informations acquises lors d’une rencontre en tête à tête (une investigation clinique comprenant une évaluation fonctionnelle et cognitive) : – patients traumatisés graves (ayant au moins une lésion AIS3+) ; – patients traumatisés crâniens (présentant au moins une lésion à la tête: AIS2 et plus).

Les analyses réalisées en 2016 ont porté sur la comparaison de l’évolution à 5 ans des différents groupes de victimes déterminés à partir des séquelles dont ils souffraient à un an après leur accident. Cette analyse confirme que, parmi les 5 groupes de malades identifiés comme étant homogènes en termes de séquelles à un an, deux souffraient particulièrement de conséquences dans leur vie quotidienne. D’autres analyses ont cherché à déterminer les facteurs associés au non-retour au travail, trois ans après l’accident, la persistance de douleur et le stress post-traumatique étant des facteurs prédominants.

Par ailleurs, une étude des verbatims des victimes d’accidents a permis d’étudier les émotions exprimées en texte libre à un an et de voir si les conséquences observées à un an étaient associées à un profil émotionnel spécifique de victimes. Un article vient d’être publié sur cette analyse.

ESPARR à un site dédié.


 

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